Jeunesse et emploi en RDC: des chômeurs volontaires!

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Fidèle Bwirhonde
Inscrit le 31 août 2014
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La problématique de l’emploi des jeunes est l’une des préoccupations qui marque les agendas politico-sociaux actuels. L’emploi est devenu pour les jeunes du monde un défi, mais en RDC l’heure est grave. Le marché du chômage s’accroit de plus en plus contre celui de l’emploi, et c’est sur ce territoire que devrait finir la course des jeunes étudiants. Il faut du sauvetage, et c’est l'entrepreneuriat des jeunes !

- L’emploi, un marché saturé

Chaque année, nos institutions d’enseignement déversent des milliers de jeunes sur le marché de l’emploi sans vraiment d’emploi pour la plupart et sans volonté d’essayer pour d’autres. A Lubumbashi, la réalité en est là pour plusieurs cas. Jacques Kazadi gère une cabine téléphonique. Lorsqu’il termine ses études universitaires en 2013 en Droit, il rêve du Barreau. L’homme ne trainera pas à déchanter.

« Je me tort de remords à penser à ma naïveté d’autrefois. En 2014, j’avais une chance d’intégrer un cabinet d’avocats pour commencer, mais pour moi, il me fallait mieux. Quelques mois après, une ancienne camarade m’appelle dans le cabinet de son père, mais ça me paraissait rabaissant. Et voilà où j’en suis aujourd’hui, un milieu où on se moque de mon diplôme. J’aimerais recommencer », se lamente-il.

De l’autre côté, cela fait quatre mois que Charlie Karaj a intégré le service client d’une maison de télécommunication où elle n’a pas su résister à la pression. Malgré sa licence en Sciences pharmaceutiques, Charlie n’a pas trouvé un emploi correspondant à sa formation, et elle s’en veut.

« Il y a cinq ans je pouvais parier sur un avenir de princesse. Après mes études, deux pharmacies m’ont offert des opportunités, mais je n’en ai saisi aucune. Je croyais mériter mieux. Maintenant je voudrais m’occuper par tous les moyens, mais plus aucune offre ne me retient. »

- Un défi séculaire pour les jeunes

Consentir le chômage, certains jeunes congolais savent s’y prendre inconsciemment. Trop ambitieux sont plusieurs d’entre eux qui nourrissent de faux espoirs de commencer leur carrière professionnelle au plus haut niveau au risque de finir leur vie sans avoir travaillé réellement. On parlerait des chômeurs volontaires.

Sur un marché saturé, les jeunes sans emploi se multiplient et ce n’est que tard qu’ils prennent conscience. Encore élèves ou étudiants, ils rêvent de grands bureaux, de fonder ou de gérer des entreprises, de ministères ou plus haut encore. Mais nombre d’entre eux sont restés diplômés et chômeurs car les offres, largement inférieures à la demande, ne correspondent pas toujours à leurs caprices.

Cette jeunesse qui en voulait toujours trop est confrontée aujourd’hui à une carence aigue d’offres qu’elle devient prête à tous travaux. Pourtant, les chances sont désormais minimes et l’informel s’enracine. Une aubaine que les quelques employeurs exploitent pour tirer le meilleur de leur emploi. On peut observer la croissance vertigineuse de l’économie informelle qui, pour l’ensemble du pays, emploie près de 80% de la population active. Mais cela n’a pas permis de résorber le chômage des jeunes et/ou des femmes.

©Fidèle BWIRHONDE




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